Règlement d'ordre intérieur (ROI)

La devise du lycée Ermesinde est "Amitié. Effort. Passion".
Le lycée Ermesinde fournit un cadre censé favoriser la diversité par l'échange en même temps que par l'épanouissement personnel.
Cela nécessite que le personnel et les élèves fassent preuve d'une attitude respectueuse, aimable et compréhensive.
Le personnel et les élèves ont la responsabilité d'enrichir le lycée par leur engagement personnel.
Le présent règlement respecte, complète ou précise les lois et règlements grand-ducaux en vigueur en matière d’ordre et de discipline dans les lycées. 
Dans ce qui suit, la dénomination « parents » désigne toute personne investie de l’autorité parentale ou du droit d’éducation.
Tous les membres de la communauté sont tenus de respecter et de faire respecter le présent règlement.

Présence
Le Lycée Ermesinde est un lycée à plein temps, ouvert de 7h00 à 14h00 le lundi et de 7h00 à 17h50, du mardi au vendredi. La présence obligatoire des élèves du cycle inférieur comprend la période de 8h10 à 14h00 le lundi et de 8h10 à 16h20 du mardi au vendredi. A partir de la quatrième, les élèves ont le droit de quitter le site pendant deux unités (de 45 minutes) entre 11h40 et 14h50. Les horaires individuels englobent les cours, les entreprises, les études, le tutorat, les repas et les pauses. Les pauses ne sont pas autorisées entre 10h10 et 11h40 et entre 14h50 et 16h20. Tous les élèves sont tenus d’avoir chaque jour au moins deux unités contresignées par un membre du personnel dans leur agenda entre 11h40 et 14h00 le lundi et 14h50 du mardi au vendredi. La bibliothèque centrale reste ouverte jusqu’à 17h50.

Etudes
Les études donnent aux élèves d’une maison la possibilité de travailler individuellement et collectivement et de s’adresser à des enseignants disponibles en dehors de leurs cours.
La priorité est donnée aux engagements individuels et collectifs d’une part et à l’appui entre élèves d’autre part.
Les élèves effectuent un minimum de 4 unités d’étude par semaine dans leur maison.

Entrevues d'orientation et bulletins
L’année scolaire est organisée en semestres. Un bulletin est délivré à la fin de chaque semestre. Le projet personnel qui apparaît sur le bulletin est fixé à l'occasion d'une entrevue d'orientation entre les parents, l'élève et le tuteur, organisé au début de chaque semestre.
Le bulletin de fin d'année est remis personnellement par le tuteur aux parents et à l'élève.
Le bulletin du premier semestre est envoyé aux parents dans les jours suivant le congé de Carnaval. Un échange portant sur le bulletin a lieu lors de l'entrevue d'orientation au début du deuxième semestre.
Le bulletin n’est pas délivré en cas de factures impayées, de livres empruntés non rendus ou de cadenas non rendus.

Dépenses scolaires
Les parents sont tenus de payer avant le 1 août une participation au fonctionnement des entreprises. L’admission ne devient effective qu’à partir du moment où le forfait est réglé.

Agenda
Les élèves disposent d’un agenda personnel qu’ils sont tenus d’avoir sur eux dans les cours, les entreprises et les études, ainsi que lors du rendez-vous avec leur tuteur. L'agenda est un moyen de communication entre le lycée et les parents. Dans l'agenda, les élèves inscrivent chaque jour les travaux accomplis et à accomplir. Les parents s’engagent à consulter et à signer l’agenda à la fin de chaque semaine.
Dans les entreprises et dans les études, l'élève est tenu de s'adresser aux responsables pour qu'ils certifient sa présence dans l'agenda.
Sont signalées par un tampon « signatures » dans l’agenda les pièces qu'un titulaire souhaite montrer aux parents, priés de les signer.
Le remplacement de l’agenda au cours de l’année coûte 20€.

Fournitures scolaires
Les élèves écrivent sur les feuilles standardisées que l’école leur distribue. Ils en reçoivent 500 au 1er semestre et ont droit à deux fois 500 feuilles supplémentaires qu’ils peuvent retirer au moment venu à la loge.

Affaires personnelles
Les élèves disposent d’armoires individuelles pour ranger leurs affaires personnelles. Ils sont responsables d’en assurer la salubrité. Les élèves vident leurs armoires à la fin de l’année scolaire. Ils ont la possibilité de les fermer au moyen d’un cadenas qui est mis à leur disposition. Le remplacement du cadenas coûte 20€. Seuls sont autorisés les cadenas installés par le lycée. Les cadenas doivent être rendus à la fin de chaque année scolaire. Le contenu des casiers qui n’auraient pas été vidés le 16 juillet n’est pas conservé. Les élèves ne sont pas autorisés d’échanger leurs casiers.
Les objets trouvés sont conservés à la loge et sont liquidés à chaque congé scolaire.
Le lycée décline toute responsabilité pour tout objet personnel volé, perdu ou abîmé.

Téléphones portables et matériel semblable
L’usage non autorisé de téléphones portables, de consoles de jeux électroniques est interdit dans les salles de classe. L’utilisation de haut-parleurs privés est interdite sur tout le site.
Toute violation de cette consigne peut entraîner une confiscation temporaire du matériel.
Il est interdit de photographier et de filmer sur l’ensemble du site, sans autorisation préalable du directeur.

Détérioration de matériel
Il est interdit aux élèves d’apposer des auto-collants ou de scotcher des affiches dans l’enceinte de l’école. Toute sorte de graffiti, tout endommagement des infrastructures, ainsi que toute détérioration ou perte de matériel appartenant à l’école seront sanctionnés. La détérioration du matériel appartenant à un élève peut également être sanctionnée. Les élèves sont obligés de supporter les frais de remplacement et de réparation. Le lycée se réserve le droit de déposer plainte pour des actes de vandalisme. Toucher aux câblages électriques ou électroniques est formellement interdit et sera sanctionné.

Alimentation
Les élèves bénéficient d’un repas équilibré au restaurant Mélusine à midi et d’une distribution gratuite d’eau pendant toute la journée. L’apport et la consommation de junk food (boissons hypersucrées, etc.) sont interdits.
Les élèves de 7e, de 6e et de 5e prennent obligatoirement leurs repas de midi à l’école. Les repas se prennent exclusivement au restaurant du lycée ou au café (occasionnellement). Les élèves ni le personnel n'ont le droit de se faire livrer des plats par des restaurants externes.
Le paiement au restaurant Mélusine se fait uniquement au moyen de la carte élève « myCard » mise gratuitement à disposition des élèves par le lycée. Cette carte est associée à un compte virtuel que les parents s’engagent, par signature obligatoire d’une convention au moment de l’admission, à approvisionner continuellement. Les parents sont priés de le faire par carte de crédit sur le site via www.lem.lu. Les élèves peuvent à titre exceptionnel recharger leur carte à la caisse.

En cas de carte non chargé ou d'oubli de carte :
1. le client a droit au repas qu'il vient de se servir ;
2a. la caissière confisque la carte non chargée, le client recharge sa carte avant la prochaine fois et récupère sa carte à ce moment-là ;
2b. en cas d'oubli, la caissière note le nom du client, celui-ci n'oublie plus sa carte la prochaine fois, et tout rentre dans l'ordre.

Le remplacement d’une carte abîmée ou perdue est payant (5€) et s'effectue au secrétariat.
Tous les utilisateurs de la cantine sont tenus de débarrasser leurs tables.
Les élèves rangent leurs affaires personnelles, notamment leurs sacs et leurs vestes, dans leurs armoires avant de venir au restaurant. Les sacs entreposés sur le sol à l’entrée de la cantine peuvent être confisqués.
Il est formellement interdit de sortir la vaisselle et les couverts du restaurant.

Ordre et propreté
Tous les élèves et tous les adultes sont tenus d’utiliser les poubelles en respectant le triage des déchets et de veiller de manière générale à la propreté des lieux, à l’intérieur du bâtiment tout comme sur tout le site et aux alentours.
Il est formellement interdit de consommer du chewing-gum sur tout le site.

Bibliothèques de classe
Les livres des bibliothèques de classe ne sortent pas des maisons et ne peuvent être empruntés. Les élèves sont responsables de remettre les livres au bon endroit sur les étagères. Tous les utilisateurs sont tenus de veiller à la bonne conservation des livres.

Mesures de sécurité
Il est défendu de courir à l’intérieur du bâtiment.
L’utilisation de skateboards, de rollerblades, de monocycles etc. est interdite sur tout le site, sauf dans le cadre d’activités spécifiques et à condition de porter des vêtements appropriés, un casque, des genouillères, des coudières et des protège-poignets.
L’utilisation des prises électriques à des fins privées est interdite.

Toucher aux câblages électriques ou électroniques est formellement interdit et sera sanctionné.
Le jet de boules de neige est interdit.
Les jeux de balle sont uniquement autorisés sur les terrains de sport.

Visites
Tous les visiteurs du site sont tenus de s’inscrire à la loge au moment de leur arrivée et s'y désinscrire au moment de leur départ.

Tenue vestimentaire
Une tenue vestimentaire décente est exigée. Le masquage total ou partiel du visage est défendu.

Cigarettes (y compris électroniques)
Il est formellement interdit de fumer sur le site. Les personnes majeures n’ont le droit de fumer qu'à proximité du site et seulement aux endroits prévus à cet effet.

Ordinateurs
Tout matériel informatique et notamment l’accès à Internet servent à des fins pédagogiques. Toute utilisation abusive (visites de sites douteux, installation et utilisation de jeux, chat, etc.) est interdite.
Les élèves et le personnel sont tenus de signaler au service technique tout appareil qui ne fonctionne pas correctement.

Alcool et stupéfiants
Toute possession, consommation ou/et trafic de produits illicites et licites (drogues, alcool, etc.) est interdite. L’école se réserve le droit d’exiger des tests de dépistage, d’informer les parents et, le cas échéant, la police ainsi que le service de la Protection de la jeunesse.

Mesures disciplinaires
En cas de violation du présent règlement, mais aussi et en particulier en cas de dérangement, de refus de participer ou de tenir ses engagements, de provocations ou d’incitations au dérangement, d’insultes entre élèves, de non-assistance à personne en danger, de violence, de vol, de faux en signature et de mobbing, le lycée prend des mesures. Outre les mesures disciplinaires prévues par les règlements grand-ducaux en vigueur, le lycée pratique entre autres les mesures spécifiques suivantes :
- convocation ou invitation de l’élève et de ses parents, à un entretien avec un membre de la direction,
- convocation de l’élève devant trois membres de l’équipe pédagogique,
- travaux d’utilité publique,
- exclusion des cours avec présence au lycée.

 

 

 

Le mot du directeur

  • Écrit le jeudi 29 avril 2021
    Education
    Le terme vient du latin : e-ducere, ex ducere, conduire hors de. Hors de quoi ?

    Conduire hors de quoi ? Hors de l’enfance, vers l’âge adulte, vers la maturité, la participation, l’influence ?

    En effet, l’enfant veut avoir son mot à dire, très tôt et avec force.

    Encore faut-il ne pas laisser parler et agir l’enfant dans le vide. Pour se développer, l’enfant a besoin de résistance. Pour gagner en influence, l’enfant doit pouvoir se mesurer. A quoi et à qui ?

    Toutes les idées qui sortent de la bouche des enfants ne sont pas bonnes. Il serait absurde de les adopter toutes sous prétexte qu’il faille respecter la parole de l’enfant. Ce serait lui manquer de respect, car cela ne lui permettrait pas de grandir, et malhonnête de surcroît.

    Se mesurer à quoi et à qui ? A ce qu’il n’a pas encore et à ce qu’il n’est pas encore. Si l’enfant n’a pas encore les arguments, il faut lui opposer des .. arguments. S’il n’a pas encore les connaissances, il faut lui opposer des connaissances. S’il n’a pas encore l’expérience, il faut lui opposer de l’expérience. Non pas pour le rendre petit, mais pour le rendre grand.

    Est-ce que pour autant pour éduquer un enfant il suffit de lui donner un exemple fort, un maître savant, une autorité ?

    L’histoire de l’école a montré que tel n’est pas forcément le cas. Mais l’histoire moderne n’est-elle pas en train de montrer que le contraire ne fait pas mieux ?

    Il faut éviter que l’école tombe d’un extrême dans l’autre. Entre opposer à l’enfant une autorité toute savante et toute puissante, d’une part, et le placer sur un piédestal et se plier à sa parole sous quelque prétexte pédagogique ou démocratique, d’autre part, il doit y avoir un juste milieu.

    La plus simple manière d’é-lever un enfant consiste peut-être à ne pas le traiter spécialement comme un enfant, à oublier sciemment qu’il ne peut en principe déjà avoir toute la maturité, la connaissance, l’expérience, peut-être aussi l’ironie, qu’on lui suppose pourtant délibérément dans l’échange. Il s’accomplit alors souvent une sorte de self-fulfilling prophecy dans le sens où l’enfant met à jour spontanément des capacités surprenantes simplement parce qu’on échange avec lui comme s’il avait précisément toutes ces compétences.

    E-duquer un enfant revient finalement à exiger de lui la même qualité dans le travail et dans l’échange qu’on veut bien y investir soi-même.

    Comme souvent, les extrêmes se rejoignent. Laisser toute la place ne vaut pas mieux que prendre toute la place. Les deux cas de figure isolent l’enfant. Il est dans la nature de l’enfant de chercher sa place mais il n’a que faire d’une place dont il constitue le centre. Si toute la place est prise, il est isolé. S’il occupe, lui, toute la place, il n’est pas moins isolé. Dans le premier cas, on l’écarte, dans le deuxième, on s’écarte.

    La nécessité est le meilleur é-ducateur. La nécessité que peut installer l’école consiste à attendre dès le début de la part des enfants la qualité dont on voudrait bien qu’ils soient capables à la fin. Il faut pour cela que l’école soit une place de qualité, un bain de culture où les enfants apprennent à nager par le simple fait que telle est l’exigence, ou, mieux encore, la normalité.

     

  • Écrit le dimanche 28 mars 2021
    Orientation
    Non, tout le monde n’a ni le talent ni l’envie d’aller à l’université. Les dispositions des jeunes gens sont heureusement infiniment plus variées. Elles l’ont toujours été et elles le seront toujours. Tel l’a toujours voulu la nature humaine et tel l’a toujours voulu l’économie. Tel le veut toujours la nature humaine, mais tel ne le veut plus l’économie, apparemment. La délocalisation, la tertiarisation et la technologisation ont porté un vilain coup aux secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’artisanat. L’économie ? La mondialisation a certainement une part d’inévitable, mais la politique et la société ne sont évidemment pas si impuissantes et innocentes que cela. Face à la diversité naturelle des talents humains, la hiérarchisation des métiers et des formations et la monoculture scolaire et professionnelle sont des scandales.

    Le lycée Ermesinde est structuré de manière à garantir l’orientation la plus large et la plus honnête possible. Dans cette démarche, ce n’est pas l’économie qui constitue la plus grande résistance. Le marché du travail moderne n’est pas si désespérant que cela. Des productions ont été relocalisées. Les marchés locaux refleurissent. L’entrepreneuriat est revigoré. Par ailleurs, tous les diplômes universitaires ne tiennent pas toujours toutes les promesses que les jeunes gens et leurs parents y associent.

    Au lycée Ermesinde, le tutorat et les maisons permettent dans une certaine mesure de contrer les préjugés et d’empêcher l’orientation négative par exclusion telle qu’elle est malheureusement largement répandue. Il est vrai que, en raison notamment de sa taille humaine qu’il a voulu préserver, le lycée Ermesinde se limite au-delà du cycle inférieur à la préparation aux études universitaires. Tout est fait cependant pour ne pas enfermer les futurs étudiants trop tôt dans une bulle académique. Une part importante du personnel n’intervient pas dans un seul régime ni dans une seule branche et assure le tutorat d’élèves d’âges et de régimes différents, afin de garder une vue large sur les talents et sur les voies professionnelles. Dans les entreprises, le mélange d’âge et de régimes est inhérent et passe presque inaperçu, mais n’en pas moins essentiel. Dans les branches interdisciplinaires, les questions économiques, sociologiques et écologiques sont au cœur des réflexions dès la septième. Tout cela est hélas insuffisant pour libérer l’orientation de tous les aprioris préjudiciables. Il faut espérer que l’opinion publique et la politique finiront par donner meilleur crédit à tous les talents et à voir dans la diversité des vocations et des emplois une utilité et une nécessité économiques, sociales et humaines.

     

  • Écrit le jeudi 25 mars 2021
    Devoir
    Notre société investit de plus en plus de moyens dans l’éducation. A les analyser de plus près, ces moyens se concentrent sur une multiplication de l’offre et de l’aide. Le nombre de disciplines, d’activités, de cours à option, de stages et de formations ne cesse d’augmenter, à l’école, autour de l’école et dans les loisirs. Jamais autant d’institutions d’accueil, d’encadrement, d’assistance et de loisir n’ont été créées que ces dernières années. On ne compte plus les mesures d’appui, de remédiation, de rattrapage, les assistances et aménagements de toutes sortes venus se greffer sur la vie scolaire et familiale de nos enfants. D’un autre côté, on entend plus que jamais parler de problèmes de concentration, de motivation, de discipline, de respect, d’attitude au travail, de compétences sociales ou d’autonomie.

    L’évolution du lycée Ermesinde est quelque peu en déphasage avec ces tendances. Le mot d’ordre consistait dès le départ à miser sur les talents, les intérêts et les capacités les plus remarquables et les plus prometteurs des élèves. Le lycée Ermesinde se distingue par une communauté soudée et solidaire. L’exigence à laquelle chaque élève est soumis consiste essentiellement à ce qu’il contribue, pour le dire ainsi, à l’enrichissement global de cette communauté, tout comme il sera appelé plus tard à le faire dans l’intérêt de la société et de sa famille. Il est logique qu’il le fasse dans ce qu’il sait faire le mieux. Son propre intérêt, c’est-à-dire la réalisation de son projet personnel, rejoint l’intérêt collectif. L’élève livre cette contribution au niveau de son travail personnel, de son entreprise, de son engagement dans ses deux branches de prédilection et de sa participation aux travaux ayant lieu dans les autres cours. Pour le dire succinctement, le lycée Ermesinde se situe, vis-à-vis des élèves, dans la demande plutôt que dans l’offre. Il y a lieu de croire que c’est la raison essentielle de son succès. Les jeunes gens n’aspirent finalement qu’à cela, contribuer au monde, accéder à une position où ils peuvent se rendre utiles.

    La qualité prend dans cette optique définitivement le dessus sur la quantité. Les élèves renforcent et approfondissent leurs connaissances dans les domaines qui correspondent à leur projet personnel. Ce faisant, ils acquièrent de l’expérience et de la culture générale, car il n’y a pas de meilleur moyen de découvrir la diversité et la complexité du monde que le travail en détail et en profondeur. Quant aux faiblesses, elles ne sont plus considérées que dans la mesure où elles pourraient empêcher l’élève de déployer ses forces et de livrer toutes les contributions dont il est capable dans le cadre de son projet personnel. Nombre des faiblesses les plus citées s’amenuisent par ailleurs au fil d’une carrière scolaire naturellement axée sur les talents des élèves. Il paraît évident que le traitement direct et explicite des faiblesses n’apporte pas toujours la même efficacité que l’apprentissage implicite induit par l’engagement dans une spécialité qui concentre les émotions et ambitions personnelles. Ainsi n’apprend-on pas le mieux à se concentrer là où on le fait par volonté et par nécessité, à parler là où on a quelque chose à dire, à écrire là où on a des connaissances et des raisons pour communiquer ?

    Au lycée Ermesinde, l’offre et l’aide sont finalement supplantées par la demande et le… devoir. Il est vrai que cette vieille notion de devoir a pu prêter à des abus, mais il serait dommageable de s’en priver complètement, tant elle correspond sous une certaine forme exactement au besoin le plus évident des jeunes gens. Le devoir d’identifier au fond de soi-même ses propres ressources les plus utiles et de les mobiliser au profit d’une communauté, de son bien-être, de son enrichissement, y compris de son amusement et de son confort, ce devoir pourrait bien constituer le fond de commerce le plus cher de l’éducation et le meilleur gage de réussite de la jeunesse.

  • Écrit le mardi 23 mars 2021
    Multilinguisme
    Le multilinguisme constitue une part essentielle du patrimoine luxembourgeois. La maîtrise de trois langues internationales est un avantage certain sur le marché du travail et dans la vie sociale, culturelle et privée. C’est un privilège qui nous est envié dans le monde entier. Le lycée Ermesinde se fixe pour mission de préserver et de renforcer ce privilège, d’en faciliter l’accès et de l’étendre.
    L’école ne facilite pas toujours l’apprentissage des langues. Elle a en effet tendance à recourir exclusivement et précocement à l’écrit et à des méthodes formelles. Or cela ne correspond pas aux aptitudes particulières dont jouissent les enfants. Il est bien connu que les enfants ont généralement des capacités spectaculaires à s’approprier une langue oralement, en apprenant à la comprendre puis à la parler. Les enfants mobilisent bien entendu cette capacité par nécessité plutôt que par volonté, par l’exemple plutôt que par l’instruction, de manière implicite plutôt que de manière séquentielle. Il en est de même de l’écrit. Là aussi, l’apprentissage est alourdi et ralenti par l’emploi exclusif d’une didactique technique et formelle ou d’un enseignement synchrone.
    Le cours de grammaire n’en est pas moins utile et nécessaire, à condition qu’il consiste à perfectionner une langue installée préalablement et parallèlement dans des contextes moins artificiels. Au lycée Ermesinde, les entreprises et les travaux personnels fournissent de tels contextes, tout comme les travaux d’investigation ayant lieu dans les branches interdisciplinaires. Au lieu que la seule langue véhiculaire est l’allemand jusqu’en quatrième, le lycée Ermesinde installe l’allemand et le français en alternance dans toutes les branches dès la septième. Dans les entreprises et dans les travaux personnels, l’allemand, le français et l’anglais sont présents, en plus du luxembourgeois. L’anglais fait aussi l’objet d’un cours dès la septième. Le lycée Ermesinde donne en outre la possibilité d’apprendre le chinois, l’espagnol et le latin, également dès la septième.